Il y a encore cinq ans, l’idée aurait fait sourire pas mal d’observateurs ! Decathlon, l’enseigne française du sport accessible, présente sur les parquets de la meilleure ligue de basketball du monde ? Impensable. Et pourtant, en 2026, c’est une réalité que plus personne ne conteste : la marque nordiste a bel et bien posé les pieds en NBA, au sens propre comme au figuré. Grâce à un partenariat de licence signé avec la ligue, à une gamme de chaussures qui n’a cessé de monter en qualité, et surtout grâce à Alex Sarr, deuxième choix de la draft 2024 devenu ambassadeur de la marque, Decathlon a réussi ce qu’aucune autre marque française n’avait accompli avant elle.
La Canaveral 900, première chaussure signature de l’histoire de l’enseigne, foule désormais les parquets NBA aux pieds du pivot des Washington Wizards, face aux mastodontes Nike, adidas, PUMA et consorts. Une trajectoire folle, construite étape par étape, avec une méthode et une patience typique de chez Decathlon. On vous raconte comment Decathlon NBA est passé du rêve un peu fou à la success story que l’on connaît aujourd’hui.
Comment Decathlon est devenue la première marque française à poser les pieds sur les parquets NBA ?

Pour bien mesurer l’ampleur de l’exploit, il faut d’abord rappeler d’où part Decathlon. L’enseigne fondée en 1976 à Englos, près de Lille, a bâti son empire sur une promesse simple : rendre le sport accessible au plus grand nombre, avec des produits conçus en interne et vendus à des prix imbattables. Pendant des décennies, cette philosophie a fait le bonheur des sportifs du dimanche et des clubs amateurs, mais elle a aussi collé à la marque une étiquette dont elle a longtemps eu du mal à se défaire : celle d’un équipementier d’entrée de gamme, très loin des standards du sport professionnel et encore plus loin du glamour de la NBA.

Le basketball n’a pourtant jamais été un sport secondaire chez Decathlon. En 2016, l’enseigne franchit un cap en créant Tarmak, une marque passion entièrement dédiée à la balle orange. Basée au Kipstadium de Tourcoing, dans le Nord de la France, l’équipe de conception de Tarmak regroupe des ingénieurs, des designers et des chefs de produits qui sont avant tout des joueurs et des passionnés. Leur méthode est éprouvée : chaque produit est testé en laboratoire puis en conditions réelles par des basketteurs pendant plusieurs semaines, et les retours des clients sur le site de la marque alimentent en permanence les évolutions des modèles. Le Kipstadium mérite d’ailleurs qu’on s’y attarde un instant, car c’est là que tout se joue. Ce complexe sportif installé à Tourcoing regroupe des terrains de jeu grandeur nature et les bureaux des équipes de conception, une configuration qui permet aux ingénieurs de passer du croquis au test sur parquet en quelques minutes. Cette proximité entre la planche à dessin et le terrain est l’une des grandes forces du modèle Decathlon : quand un prototype présente un défaut d’adhérence ou de maintien, le retour est immédiat, et les itérations s’enchaînent à un rythme que peu de concurrents peuvent suivre. C’est cette culture du terrain qui va permettre à la marque de progresser aussi vite entre chaque génération de chaussures.

Dès la création de Tarmak, un objectif un peu fou est affiché en interne : collaborer un jour avec la NBA, considérée comme la plus grande ligue de basketball au monde. Ce rêve, beaucoup l’ont pris pour un slogan marketing. Il faut dire que la concurrence a de quoi effrayer n’importe quel nouvel entrant. Le marché de la chaussure de basketball est l’un des plus verrouillés du sport business mondial, avec des budgets de recherche, de sponsoring et de communication qui se chiffrent en centaines de millions de dollars, des contrats de plusieurs décennies entre les marques et les superstars, et une bataille culturelle permanente autour de la sneaker, devenue un objet de mode autant qu’un outil de performance. Face à cette machine de guerre, Decathlon avance avec ses propres armes : des circuits courts de conception, une intégration verticale totale de la R&D à la distribution, un réseau de plus de 1700 magasins dans le monde, et cette obsession du juste prix qui fait sa réputation. Le pari est pourtant devenu réalité en trois temps. D’abord avec la signature d’un contrat de licence avec la NBA en 2021, qui a permis à la marque d’apposer les logos des trente franchises sur ses chaussures et ses textiles. Ensuite avec une montée en gamme progressive et méthodique de ses modèles, de la SE900 à la Fast 900 en passant par la NBA Mid-3, chaque génération corrigeant les défauts de la précédente. Enfin, et c’est le tournant décisif, avec l’arrivée d’Alex Sarr. Fin 2024, le jeune pivot français des Washington Wizards, alors chaussé de Nike Kobe 6 comme la moitié de la ligue, surprend tout le monde en apparaissant en match officiel avec une Fast 900 Low de Decathlon Basketball aux pieds. Quelques mois plus tard, en mars 2025, la signature d’un partenariat technique exclusif est officialisée : Sarr devient le premier joueur NBA de l’histoire sous contrat avec la marque française.

La suite s’écrit à toute vitesse. À l’été 2025, Decathlon dévoile la Canaveral 900, première véritable chaussure signature de son histoire, co-développée avec Alex Sarr et portée par le joueur lors de l’EuroBasket avec l’Équipe de France, puis sur les parquets NBA. En février 2026, la marque s’invite même au All-Star Weekend, avec un coloris blanc de la Canaveral 900 dévoilé en marge du Rising Stars Challenge. En moins de cinq ans, Decathlon NBA est passé du statut de simple licencié produisant des chaussures aux couleurs des franchises à celui d’équipementier à part entière d’un joueur NBA, avec une signature shoe vendue moins de 100 euros. Une anomalie magnifique dans un marché dominé par des paires à 150, 180 voire 200 euros, et une immense fierté pour le basket français. Mais cette ascension éclair est en réalité le fruit d’un travail de fond entamé bien plus tôt. Retour sur les cinq grandes étapes qui ont mené Decathlon Basketball jusqu’aux parquets de la grande ligue.
Decathlon Basketball : quelles étapes vers la NBA ?
L’histoire de Decathlon en NBA n’est pas celle d’un coup de poker, mais celle d’une stratégie déroulée avec constance sur plusieurs années. Chaque étape a servi de fondation à la suivante : la licence a ouvert la porte, la SE900 a prouvé que la marque savait faire des chaussures de basket crédibles, la NBA Mid-3 a confirmé la montée en gamme, la Fast 900 a conquis les joueurs et séduit un premier joueur NBA, et la Canaveral 900 a parachevé le tout avec le statut ultime dans l’industrie de la sneaker : la signature shoe. On reprend tout depuis le début.
2021 : la signature du contrat de licence avec la NBA, le tournant historique
Tout commence officiellement en 2021, lorsque Tarmak, la marque basketball de Decathlon, annonce un partenariat de licence avec la NBA. Concrètement, cet accord autorise la marque française à utiliser les logos, les noms et les couleurs officielles des franchises de la ligue sur ses produits : chaussures, mais aussi maillots, sous-vêtements techniques, protections comme les coudières et les genouillères, ou encore les maintiens articulaires et musculaires. Pour une marque née cinq ans plus tôt dans le Nord de la France, décrocher un tel sésame relève déjà du petit miracle. La NBA ne s’associe pas avec n’importe qui, et le fait que la ligue américaine valide le sérieux et la qualité des produits Tarmak constitue en soi une forme de reconnaissance internationale.

La première collection Tarmak x NBA est lancée le 18 mars 2021, après une phase de préventes qui a créé une vraie attente chez les fans français. Et le succès est immédiat. Les produits aux couleurs des Los Angeles Lakers, des Golden State Warriors, des Boston Celtics, du Miami Heat, des New York Knicks, des Houston Rockets, des Los Angeles Clippers ou encore des Brooklyn Nets s’arrachent en magasin comme en ligne. Pour beaucoup de jeunes basketteurs français, c’est la première fois qu’il est possible de porter des équipements officiellement licenciés NBA sans exploser son budget. Là où un maillot Swingman officiel coûte une centaine d’euros, Decathlon propose des textiles co-brandés NBA x Tarmak à des prix défiant toute concurrence.

Il faut bien comprendre la portée symbolique de ce contrat. En 2021, le marché des équipements NBA est verrouillé par les géants américains et allemands. Nike équipe la ligue en maillots depuis 2017, après avoir succédé à adidas, et se partage le marché des chaussures avec sa filiale Jordan Brand, adidas, PUMA, Under Armour, New Balance et quelques marques chinoises comme Anta ou Li-Ning. Dans ce paysage ultra concurrentiel, voir une marque française obtenir le droit d’apposer le logo officiel de la NBA sur ses produits est une anomalie réjouissante. Ce partenariat sera d’ailleurs reconduit à plusieurs reprises, preuve de la satisfaction des deux parties : la marque et la ligue ont prolongé leur collaboration jusqu’en 2029 au minimum, offrant à Decathlon une visibilité à long terme pour construire sa stratégie basketball.

Ce contrat de licence pose ainsi la première pierre de l’édifice Decathlon NBA. Mais un logo sur une chaussure ne suffit pas à convaincre les basketteurs exigeants. Encore fallait-il que la paire qui porte ces logos soit à la hauteur. C’est là qu’entre en scène la SE900.
La découverte de la Tarmak SE900
Pour incarner cette première collection NBA, Tarmak ne choisit pas n’importe quel modèle : la marque sélectionne la SE900, tout simplement la chaussure la plus technique de toute sa gamme. Un choix stratégique assumé, car il s’agit de frapper fort d’entrée et de prouver que la marque française sait concevoir une vraie chaussure de basketball performante, et pas seulement un produit dérivé pour collectionneurs.

Sur le papier, la SE900 affiche des arguments sérieux. Sa semelle intègre un concept original avec une plaque anatomique en TPU, un polymère à la fois léger et rigide, positionnée entre deux couches de mousse EVA aux propriétés distinctes : une couche supérieure plus rigide pour la stabilité et une couche inférieure plus souple pour l’amorti. L’association des deux procure relance, amorti et stabilité, un cocktail que l’on retrouve habituellement sur des paires bien plus chères. Le maintien du pied est assuré par un système de sangles baptisé Weblock au niveau du médio-pied, et la tige mid convient parfaitement aux joueurs polyvalents et aériens. Le tout est proposé à 95 euros lors du lancement en 2021, dans des coloris déclinés aux couleurs de sept franchises NBA. Les fans peuvent enfin jouer avec une paire aux couleurs de leur équipe préférée, qu’il s’agisse du vert des Celtics, du jaune et violet des Lakers ou du noir des Nets, sans dépasser la barre symbolique des 100 euros.

L’accueil de la presse spécialisée et des joueurs est globalement positif. Les testeurs saluent un rapport qualité/prix intéressant et des technologies qui rivalisent avec celles des leaders du marché, même si quelques points d’amélioration sont identifiés. Au-delà des performances pures, c’est le symbole qui frappe les esprits : pour la première fois, un jeune joueur de club français peut débarquer à l’entraînement avec une paire officiellement licenciée NBA, aux couleurs de sa franchise de cœur, achetée dans le magasin Decathlon de sa ville. L’effet sur les terrains est immédiat, et les gymnases français se remplissent de SE900 vertes, jaunes et noires. Le succès commercial est au rendez-vous en France, suffisamment pour convaincre les deux parties de poursuivre l’aventure. En 2022, une deuxième génération voit le jour : la SE900 NBA 2022, au design radicalement retravaillé avec une tige plus basse. La montée en qualité est nette, avec un confort jugé supérieur, un maintien et un amorti améliorés, et un travail visuel plus abouti sur chaque franchise, comme sur le superbe coloris bleu et jaune des Golden State Warriors. Cette évolution a un coût, puisque la paire passe de 95 à 110 euros, mais elle envoie un signal clair : Decathlon Basketball ne compte pas se contenter d’un coup marketing, la marque veut progresser année après année.

Avec la SE900, Decathlon a réussi son examen d’entrée dans le monde du basketball sérieux. Les basketteurs français découvrent qu’une chaussure de la marque au logo bleu peut tenir la route sur un parquet, encaisser des changements de direction violents et durer dans le temps. Le socle est posé, place à la confirmation.
Decathlon NBA Mid-3 : la confirmation
En 2023, pour la troisième année consécutive du partenariat entre la marque et la ligue, Decathlon lance un tout nouveau modèle : la Tarmak NBA 900 Mid-3, qui succède officiellement à la SE900. Le nom l’indique, il s’agit de la troisième chaussure de la lignée NBA, et son rôle est crucial : confirmer que les deux premières saisons n’étaient pas un feu de paille et installer durablement la marque dans le paysage.

Visuellement, la NBA 900 Mid-3 affiche une identité affirmée, avec une semelle extérieure très présente et une empeigne parcourue de motifs en zigzag sur les côtés, qui donnent à chaque coloris un rendu différent selon les choix de couleurs. La collection couvre les franchises les plus populaires de la ligue : les Boston Celtics avec un vert pomme du plus bel effet, les Los Angeles Lakers, les Philadelphia Sixers, le Miami Heat, les New York Knicks et les Chicago Bulls. Un casting cinq étoiles qui parle immédiatement aux fans, et une déclinaison en tailles enfants à 60 euros qui permet aux plus jeunes de porter les couleurs de leurs idoles, quand la version adulte s’affiche à 100 euros.

Sur le plan technique, la Mid-3 introduit ou perfectionne des technologies qui deviendront la signature de la marque. La technologie TMK-Blade, un insert en TPU dans la semelle, favorise un retour d’énergie explosif à l’avant du pied pour dynamiser les relances. La semelle à double densité intègre un insert au talon à forte capacité d’absorption pour encaisser les réceptions. Et la semelle extérieure en caoutchouc à motifs multidirectionnels garantit une accroche optimale sur les parquets. Les tests menés par les médias spécialisés confirment le sérieux du produit : la paire est jugée polyvalente, capable de convenir aussi bien aux joueurs intérieurs qu’aux extérieurs, confortable et performante sur la plupart des critères qui comptent, du grip au maintien.

Mais la NBA Mid-3 marque aussi une période charnière en coulisses. C’est durant cette phase que Decathlon entame une transformation profonde de sa stratégie de marques : Tarmak, la marque passion créée en 2016, va progressivement laisser sa place à une signature unique, Decathlon Basketball, dans le cadre de la refonte globale de l’identité du groupe autour du logo orbite. Un changement qui peut sembler anecdotique, mais qui traduit une ambition nouvelle : le basketball n’est plus un sport parmi d’autres dans le catalogue de l’enseigne, c’est désormais une vitrine stratégique portée par le nom Decathlon lui-même. Et pour incarner cette nouvelle ère, il faudra une nouvelle chaussure. Elle arrive en 2024, et elle va tout changer.
Decathlon NBA Fast 900 : le succès incontestable
La Fast 900 Low, lancée en 2024 sous la bannière Decathlon Basketball, est sans doute la chaussure qui a fait basculer l’histoire. D’abord parce qu’elle marque un progrès spectaculaire en termes de design : exit la silhouette un peu massive des générations précédentes, place à une tige basse aux lignes épurées qui répond enfin aux codes actuels des chaussures de basketball. Le rendu visuel est propre, moderne, avec de multiples références aux franchises NBA concernées derrière les talons et sur les languettes. Cinq équipes mythiques disposent de leur coloris dédié : le Miami Heat, les Chicago Bulls, les Boston Celtics, les Golden State Warriors et les incontournables Los Angeles Lakers.

Ensuite parce que ses performances font l’unanimité. Avec ses 375 grammes en taille 43, son intérieur entièrement moussé pour maximiser le confort, sa technologie TMK-Guard pour la stabilité dans les changements de direction et son amorti moelleux à bon retour d’énergie, la Fast 900 Low coche toutes les cases d’une chaussure de basketball moderne. Le tout pour 85 euros, un positionnement prix/performance tout simplement imbattable sur le marché de 2024, où les modèles phares des grandes marques dépassent allègrement les 150 euros. La presse spécialisée la désigne rapidement comme l’une des meilleures affaires du marché, sans réel défaut pour une pratique régulière à tous les niveaux.

Mais le vrai coup de génie de la Fast 900, c’est son adoption par le très haut niveau. La paire a été conçue en collaboration avec l’international français Isaïa Cordinier, qui dispute les Jeux Olympiques de Paris 2024 avec la Fast 900 aux pieds, au cœur d’une campagne magnifique de l’Équipe de France conclue par une médaille d’argent. L’internationale française Marie-Paule Foppossi rejoint également la famille des athlètes partenaires. Pour la première fois, des chaussures Decathlon Basketball brillent sur la plus grande scène du sport mondial, et l’image de la marque change radicalement dans l’esprit des basketteurs. En parallèle de la chaussure, Decathlon Basketball déploie également une ligne complète de textiles aux couleurs des mêmes franchises NBA : shorts, maillots, tee-shirts et accessoires viennent compléter l’offre, permettant aux fans de s’équiper de la tête aux pieds sans se ruiner. Cette approche globale, chaussure et textile réunis sous une même identité visuelle, donne à la gamme une cohérence que les collections précédentes n’avaient pas encore atteinte, et installe durablement le rayon basketball comme l’une des vitrines des magasins de l’enseigne.

Puis vient le moment de bascule. Fin 2024, les observateurs les plus attentifs des parquets NBA remarquent un détail troublant : Alexandre Sarr, le pivot français des Washington Wizards drafté en deuxième position quelques mois plus tôt, a abandonné ses habituelles Nike Kobe 6 pour jouer en match officiel avec… une Fast 900 Low. Aucune annonce, aucune communication, ni du joueur ni de la marque. Pendant plusieurs semaines, le mystère reste entier : simple phase de test ou prémices d’un contrat historique ? Le détail a son importance, car Sarr n’est pas n’importe qui : élu meilleur rookie du mois au moment des faits, le Toulousain est l’un des jeunes intérieurs les plus prometteurs de la ligue, et son choix de chausser une paire française vendue 85 euros, en plein match NBA, alors que rien ne l’y oblige contractuellement, vaut toutes les campagnes de publicité du monde. La réponse tombe en mars 2025 : Alex Sarr signe officiellement avec Decathlon et devient le premier athlète NBA de l’histoire de la marque. Le contrat va bien au-delà d’un simple accord d’image : Sarr s’engage à jouer exclusivement en Decathlon lors de ses matchs NBA, collabore directement avec les équipes de recherche et développement de la marque pour concevoir les futurs produits, et participe à des initiatives communautaires, stages et événements destinés à promouvoir le basketball auprès des jeunes. Dans la foulée, l’équipementier dévoile la Fast 900 Low Sarr Edition, une Player Edition au coloris rose éclatant rehaussé de détails noirs, avec la signature du joueur derrière le talon, produite en édition limitée à 300 exemplaires et vendue 85 euros. Le soir même du reveal, Sarr foule le parquet avec sa paire rose et compile 21 points, 5 rebonds et 4 passes décisives dans une victoire face au Jazz. Le conte de fées est lancé, et Decathlon NBA n’est plus un slogan : c’est une réalité visible chaque soir de match sur les parquets de la grande ligue.
Decathlon Canaveral 900 : la première signature shoe, une paire iconique
Restait une dernière marche à gravir, la plus haute et la plus symbolique de toutes : la signature shoe. Dans l’industrie de la sneaker, la chaussure signature est le Graal absolu, le privilège réservé aux plus grandes stars de la ligue. Michael Jordan et sa lignée de Air Jordan, LeBron James, Kevin Durant, Stephen Curry, Giannis Antetokounmpo, Luka Doncic ou Victor Wembanyama chez Nike, James Harden ou Anthony Edwards chez adidas, LaMelo Ball chez PUMA : seule une poignée de joueurs dans le monde dispose d’un modèle conçu autour de son nom, de son jeu et de son identité. En août 2025, Decathlon rejoint ce cercle très fermé en dévoilant la Canaveral 900, première chaussure signature de l’histoire de la marque, et première signature shoe française à fouler les parquets NBA.

Le lancement se fait en deux temps, avec une maîtrise du storytelling qui n’a rien à envier aux géants américains. D’abord une apparition discrète : lors des matchs de préparation à l’EuroBasket 2025 avec l’Équipe de France, Alex Sarr est aperçu avec une mystérieuse paire entièrement noire aux pieds, à la silhouette épurée et aux courbes nettes. Puis vient le grand reveal : Decathlon lance une campagne massive, avec des vidéos cinématiques spectaculaires mêlant style cartoon et effets 3D, une direction artistique digne des plus grandes marques, et dévoile la Canaveral 900 Sarr Edition dans un magnifique coloris bleu électrique, rehaussé de détails noirs sur la languette et les lacets, avec la signature d’Alex Sarr apposée en argenté. La paire regorge de détails personnels : les coordonnées GPS du Kipstadium de Tourcoing, berceau de la conception de la chaussure, la signature du joueur sur la languette, le logo orbite de Decathlon sur la partie latérale de l’empeigne, et même une superbe boîte collector bleue qui tranche avec les emballages habituels de la marque. Deux coloris sont commercialisés au lancement : le bleu Sarr Edition et une version entièrement noire plus sobre, pensée pour s’accorder avec tous les maillots.

Techniquement, la Canaveral 900 est le produit le plus abouti jamais conçu par Decathlon Basketball, et Alex Sarr n’est pas un simple visage sur l’affiche : le joueur a été intégré très tôt dans le processus de création, testant la paire sur les parquets pour corriger les défauts ressentis et injecter les points forts repérés sur d’autres modèles du marché. Le résultat est une chaussure à tige mid/low de 385 grammes en taille 43, dotée de la mousse V-Foam pour un amorti premium, de la technologie TMK-Sideguard pour la stabilité latérale, du TMK-Blade pour la réactivité et le retour d’énergie, et d’une semelle extérieure en CPU dont le niveau de traction est jugé élite par les testeurs, au niveau des toutes meilleures paires du marché. Des coussins positionnés tout autour de la cheville complètent un chaussant confortable dès la première utilisation. Léger bémol relevé lors des tests, une respirabilité perfectible, mais rien qui ne vienne ternir le bilan global d’une paire sans réel défaut.

Et puis il y a le prix, l’arme fatale de Decathlon : 90 euros. La Canaveral 900 devient ainsi la seule chaussure portée par un joueur NBA disponible pour moins de 100 euros, quand les signature shoes concurrentes s’échangent contre 130 à 200 euros. Pour situer les choses, même les modèles d’entrée de gamme des grands équipementiers, à l’image d’une Nike GT Cut Academy vendue entre 100 et 110 euros, coûtent plus cher que la signature shoe d’Alex Sarr, alors que la paire du Français rivalise avec des modèles positionnés bien plus haut en gamme sur le grip, l’amorti et les performances globales. Une démonstration éclatante de la philosophie maison, rendre la performance accessible à tous, et un argument commercial dévastateur : pourquoi payer le double quand une paire co-développée par un joueur NBA, validée à l’EuroBasket et sur les parquets de la grande ligue, coûte le prix d’une chaussure d’entrée de gamme chez Nike ou adidas ? Le joueur lui-même a d’ailleurs expliqué à quel point ce positionnement accessible était une condition importante à ses yeux dans le cadre de son contrat : lui qui a grandi en France, dans une famille de basketteurs, sait mieux que personne ce que représente le budget chaussures pour un jeune joueur de club.

La suite confirme le statut iconique de la paire. Alex Sarr dispute l’EuroBasket 2025 avec sa Canaveral 900 bleue en édition limitée aux pieds, offrant à la chaussure une exposition continentale. Sur les parquets NBA, le pivot des Wizards continue de porter fièrement sa signature shoe, et de nouveaux coloris viennent enrichir la gamme. En février 2026, Decathlon frappe un grand coup en s’invitant au All-Star Weekend : la marque profite de la sélection d’Alex Sarr pour le Rising Stars Challenge pour dévoiler la Canaveral 900 White, un coloris blanc et noir au contraste saisissant, immédiatement commercialisé en France. Même privé de match par une blessure, Sarr attire tous les regards avec sa paire immaculée, et Decathlon savoure sa première apparition dans le grand barnum du All-Star Weekend, un événement où la marque française n’aurait jamais imaginé mettre les pieds cinq ans plus tôt.

En cinq étapes et cinq années, Decathlon Basketball a donc accompli un parcours que personne n’avait vu venir : une licence NBA décrochée en 2021, une SE900 qui a prouvé le sérieux de la marque, une NBA Mid-3 qui a confirmé la montée en gamme, une Fast 900 qui a conquis les Jeux Olympiques et séduit un joueur NBA, et enfin une Canaveral 900 devenue la première signature shoe française de l’histoire de la grande ligue. L’aventure ne fait probablement que commencer : le partenariat avec la NBA court au minimum jusqu’en 2029, Alex Sarr n’a que 21 ans et un avenir immense devant lui, son frère Olivier fait également partie de la famille des athlètes de la marque, et les équipes du Kipstadium travaillent déjà sur les prochaines générations de chaussures. Dans un marché de la sneaker où les prix s’envolent d’année en année, la marque nordiste a trouvé un positionnement unique, celui de la performance accessible validée au plus haut niveau. Les géants américains sont prévenus : Decathlon NBA n’est pas une anecdote, c’est une révolution tranquille. Et elle est française.
Publication
- Publié le : 09/07/2026 à 11:40
- Mis à jour le : 09/07/2026 à 11:42