La NBA Draft 2026 s’est tenue le 24 juin 2026 à Brooklyn, et comme chaque année, elle a offert son lot de suspense, de larmes, de costumes improbables et de contrats sneakers qui font tourner la tête. Une soirée qui marque toujours un basculement : celui où des gamins de 18 ou 19 ans cessent d’être des prospects pour devenir des professionnels, où les franchises misent des années de reconstruction sur un seul nom prononcé par le commissioner Adam Silver. Et cette édition 2026 n’a pas dérogé à la règle. Elle a même surpassé les attentes en proposant un top 3 aussi dense que n’importe quelle grande cuvée des vingt dernières années.
La NBA Draft 2026 vient d’avoir lieu ! On en parle
Pendant des semaines, les débats ont fait rage. Qui allait partir en premier ? Les Washington Wizards, détenteurs du pick numéro un, ont longtemps joué le mystère. AJ Dybantsa était le grand favori, mais Darryn Peterson et Cameron Boozer avaient leurs défenseurs acharnés dans les front offices de la ligue. Le résultat final a confirmé les pronostics sans pour autant éteindre la discussion, car dans cette Draft 2026, la question du « meilleur joueur disponible » n’a jamais eu de réponse aussi disputée depuis la Draft 2003 et ses quatre futures stars en puissance.

Mais chez basketpack, on ne regarde pas seulement qui va dans quelle franchise. On regarde aussi, et surtout, ce qu’il y a aux pieds des joueurs quand Adam Silver leur tend la main. Les sneakers de draft night, c’est un rituel dans le monde du basket, une déclaration d’intention, un premier chapitre de la relation entre un rookie et sa marque. Et cette année, les trois premières sélections ont toutes une histoire à raconter côté chaussures. Nike, adidas, Jordan Brand : les trois grandes puissances du marché sneaker basket se sont partagé le podium, et chacune a sorti ses arguments. Voici tout ce qu’il faut savoir.
NBA Draft 2026 : quelles paires pour les joueurs du top 3 ?
AJ Dybantsa, pick numéro 1, Washington Wizards : Nike Kobe 4 Protro
AJ Dybantsa. Le nom résonne désormais dans la capitale américaine comme un signal de renouveau. Les Washington Wizards, franchise habituée aux longues traversées du désert, ont fait de l’ancien joueur de BYU leur première sélection absolue, leur pari sur l’avenir, leur potentielle pierre angulaire pour les dix prochaines années. À 19 ans, ce ailier de 2m06 originaire de Brockton, Massachusetts, arrive avec un profil rare : une capacité à scorer à tous les niveaux, une vista défensive qui dépasse largement son âge, et une aisance technique qui fait penser aux grands créateurs de la ligue dès les premières séquences de jeu. Sa saison à BYU a été un tour de force. Dans un programme qui n’a pas l’habitude de produire des picks de loterie, Dybantsa a imposé son niveau semaine après semaine, s’affirmant progressivement comme le prospect numéro un de sa classe au détriment de Peterson et Boozer. Les scouts qui le suivaient depuis le lycée ne doutaient pas : ce garçon avait l’étoffe d’un premier choix.

Côté sneakers, le partenariat avec Nike est une histoire qui remonte à janvier 2024, bien avant que Dybantsa ne pose le pied sur un campus universitaire. La marque au swoosh avait identifié très tôt le potentiel commercial et sportif du joueur, et avait sécurisé un deal NIL qui a ensuite évolué en contrat pro à l’approche de la Draft. Pour la grande soirée, Dybantsa a choisi de rendre hommage à l’un des plus grands de l’histoire en chaussant une paire de Nike Kobe 4 Protro. Un choix fort, symbolique, qui en dit long sur les références du joueur et sur la manière dont Nike entend positionner sa nouvelle recrue phare. La Kobe 4 Protro est une sneaker qui ne laisse pas indifférent. Silhouette basse à l’époque révolutionnaire, semelle réactive, maintien latéral pensé pour le jeu dynamique de Kobe Bryant : cette chaussure est devenue l’une des silhouettes basket les plus désirées du marché depuis sa réédition en Protro. En draft night, Dybantsa portait un coloris sobre, presque discret, comme s’il voulait laisser parler le terrain plutôt que les fringues. Cohérent avec son personnage : compétiteur avant tout, discours mesuré, regard de prédateur. Nike a d’ailleurs dégainé un spot publicitaire dans la foulée de l’annonce de sa sélection, narré par le rappeur Wale, retraçant le parcours du joueur depuis ses premiers dribbles dans les rues de Brockton jusqu’à l’estrade du Barclays Center. Un signal clair : Nike mise très gros sur Dybantsa, et une chaussure signature est déjà dans les tuyaux, avec le joueur qui a évoqué l’idée d’un coloris Spider-Man pour chaque numéro de la série.

Darryn Peterson, pick numéro 2, Utah Jazz : adidas DON Issue 7
Darryn Peterson avait tout pour être numéro un. Et dans beaucoup d’autres drafts, il l’aurait été. Le guard de Kansas est l’un des joueurs les plus complets techniquement de sa génération : attaquant léthal en isolation, défenseur engagé, shooteur à distance raisonnable, avec une capacité à prendre les grands matchs à son compte qui a ébloui les observateurs tout au long de la saison. Sa saison en Big 12 a été marquée par des pépins physiques, ce qui a légèrement terni son évaluation dans certains front offices, mais son niveau quand il était sur le terrain n’a jamais laissé de doute sur sa valeur. Utah Jazz, qui avait déjà Ace Bailey dans ses rangs depuis la Draft 2025, a fait le choix ambitieux d’ajouter Peterson à son arsenal offensif. Le projet Utah se dessine clairement : construire autour de deux ailes avec un plafond all-star, laisser le temps au talent de se déployer, et espérer que les pièces autour (Lauri Markkanen, Jaren Jackson Jr.) permettront une transition vers la compétitivité dans un horizon de deux à trois ans. Avec Peterson et Bailey ensemble sur les ailes, la franchise du Utah tient peut-être quelque chose de très sérieux.

Côté chaussures, la relation entre Darryn Peterson et adidas est l’une des plus longues et des plus solides de ce top 3. En 2023, à seulement 16 ans, Peterson est devenu le premier lycéen de l’histoire à signer un deal NIL avec la marque aux trois bandes. Un précédent historique, qui a positionné adidas comme parieur précoce sur le talent le plus excitant de sa génération. Pendant sa saison à Kansas, programme également sponsorisé adidas, le partenariat n’a fait que se renforcer. Et pour draft night, le deal a été upgradé en contrat pro massif, classé dans le top 5 des contrats rookies les plus lucratifs de l’histoire NBA selon les informations de Nick DePaula, référence absolue sur les contrats sneakers dans la ligue. La paire choisie pour la grande soirée est la adidas DON Issue 7, la signature de Donovan Mitchell, l’une des silhouettes basket les plus cohérentes du catalogue adidas ces dernières années. La DON Issue 7 est une chaussure pensée pour le jeu dynamique des guards, avec un amorti réactif, une empeigne légère et un maintien qui rassure dans les changements de direction. Un choix logique pour Peterson, qui partage avec Mitchell une lecture du jeu offensive et un profil athlétique similaire. Peterson rejoint ainsi le roster adidas basketball qui compte déjà Anthony Edwards et Donovan Mitchell parmi ses têtes d’affiche, ce qui donne à la marque une représentation de qualité dans la nouvelle génération NBA.

Cameron Boozer, pick numéro 3, Memphis Grizzlies : Jordan Tatum 4
Cameron Boozer n’est pas le fils de Carlos Boozer par hasard. Il a grandi dans les gymnases, a absorbé la culture basket depuis l’enfance, et a développé une maturité technique et tactique qui tranche avec son âge. Son passage à Duke a confirmé tout ce que les scouts pressentaient depuis le lycée : un intérieur moderne, capable de jouer dos au panier et face au panier, de passer, de shooter à mi-distance et d’étirer la défense depuis la ligne des trois points. Son Wooden Award en fin de saison n’était que la confirmation officielle de ce que tout le monde savait déjà. Memphis Grizzlies hérite d’un joueur qui colle parfaitement à la philosophie de la franchise : dureté, polyvalence, intensité. Les Grizzlies, qui continuent de construire autour de Ja Morant et d’une identité physique et engagée, voient en Boozer le big man de nouvelle génération qui peut faire le lien entre les deux raquettes et offrir de la création en attaque. Le fit est logique, presque évident à la lecture du profil.

Sur le plan sneakers, Cameron Boozer est signé Jordan Brand depuis son NIL deal de la « Class of 2025 » du Jumpman, signé en même temps que son frère jumeau Cayden. Pour la Draft 2026, Boozer a chaussé une paire de Jordan Tatum 4, la signature de Jayson Tatum, qui représente aujourd’hui l’une des silhouettes les plus abouties du catalogue Jordan Brand basketball. La Tatum 4 est une chaussure polyvalente, pensée pour les joueurs capables d’opérer à toutes les positions, avec un amorti généreux, une empeigne en mesh respirant et une semelle qui offre une accroche solide sur les parquets. Le choix est cohérent avec le profil de Boozer : un joueur complet, difficile à enfermer dans une case, qui a besoin d’une chaussure qui l’accompagne dans toutes les situations de jeu. Jordan Brand a par ailleurs déjà lancé le Jordan Triangle, une nouvelle silhouette dont Boozer est le visage, sortie en juillet 2026 à 140 euros, ce qui montre l’investissement de la marque dans la carrière à venir du joueur.
NBA Draft 2026 : le tableau complet du premier tour
Le premier tour de la NBA Draft 2026 a vu trente franchises faire leurs choix, entre calculs stratégiques, coups de théâtre et trades de dernière minute. Voici les trente sélections du premier tour dans l’ordre, avec une lecture rapide des enjeux pour chaque franchise.
| Pick | Joueur | Poste | Fac/Pays | Equipe |
|---|---|---|---|---|
| 1 | AJ Dybantsa | Ailier | BYU | Washington Wizards |
| 2 | Darryn Peterson | Meneur/Arrière | Kansas | Utah Jazz |
| 3 | Cameron Boozer | Ailier fort/Pivot | Duke | Memphis Grizzlies |
| 4 | Caleb Wilson | Ailier fort | North Carolina | Chicago Bulls |
| 5 | Keaton Wagler | Arrière/Meneur | Illinois | LA Clippers |
| 6 | Mikel Brown Jr. | Meneur | Louisville | Brooklyn Nets |
| 7 | Darius Acuff Jr. | Meneur | Arkansas | Sacramento Kings |
| 8 | Kingston Flemings | Meneur | Houston | Atlanta Hawks |
| 9 | Morez Johnson Jr. | Intérieur | Michigan | Dallas Mavericks |
| 10 | Brayden Burries | Arrière | Arizona | Milwaukee Bucks |
| 11 | Yaxel Lendeborg | Intérieur | Michigan | Golden State Warriors |
| 12 | Aday Mara | Pivot | Espagne | Oklahoma City Thunder |
| 13 | Nate Ament | Ailier | Tennessee | Milwaukee Bucks |
| 14 | Hannes Steinbach | Pivot | Allemagne | Charlotte Hornets |
| 15 | Dailyn Swain | Ailier | Texas | Portland Trail Blazers |
| 16 | Bennett Stirtz | Meneur | Iowa | Oklahoma City Thunder |
| 17 | Ebuka Okorie | Meneur | Stanford | Detroit Pistons |
| 18 | Christian Anderson Jr. | Meneur | Texas Tech | Charlotte Hornets |
| 19 | Allen Graves | Ailier fort | Santa Clara | Toronto Raptors |
| 20 | Jayden Quaintance | Pivot | Kentucky | San Antonio Spurs |
| 21 | Karim Lopez | Ailier fort | Mexique | Memphis Grizzlies |
| 22 | Labaron Philon Jr. | Meneur | Alabama | Philadelphia 76ers |
| 23 | Zuby Ejiofor | Ailier fort | Kansas | Atlanta Hawks |
| 24 | Cameron Carr | Arrière | Baylor | LA Lakers |
| 25 | Sergio De Larrea | Meneur | Espagne | New York Knicks |
| 26 | Tarris Reed Jr. | Pivot | Connecticut | San Antonio Spurs |
| 27 | Chris Cenac Jr. | Pivot | Houston | Boston Celtics |
| 28 | Joshua Jefferson | Ailier fort | Iowa State | Brooklyn Nets |
| 29 | Alex Karaban | Arrière/Ailier | Connecticut | Sacramento Kings |
| 30 | Koa Peat | Ailier fort | Arizona | Dallas Mavericks |
Pick 1 : AJ Dybantsa, ailier, BYU, sélectionné par les Washington Wizards. La reconstruction prend un tournant décisif.
Pick 2 : Darryn Peterson, arrière, Kansas, sélectionné par les Utah Jazz. Le projet Utah s’accélère.
Pick 3 : Cameron Boozer, ailier fort, Duke, sélectionné par les Memphis Grizzlies. Un big man de nouvelle génération arrive en Tennessee.
Pick 4 : Caleb Wilson, ailier, North Carolina, sélectionné par les Chicago Bulls. Chicago cherche son franchise player depuis des années.
Pick 5 : Keaton Wagler, meneur, Baylor, sélectionné par les Cleveland Cavaliers. Un meneur adroit pour soutenir la machine offensive de Cleveland.
Pick 6 : Jayden Quaintance, ailier fort défensif, sélectionné par les San Antonio Spurs. San Antonio devient encore plus long et plus athlétique aux côtés de Wembanyama.
Pick 7 : Kingston Flemings, arrière, Houston, sélectionné par les Golden State Warriors. Les Warriors misent sur un profil offensif de qualité.
Pick 8 : Yaxel Lendeborg, intérieur polyvalent, sélectionné par une franchise en reconstruction.
Picks 9 à 30 : le reste du premier tour a confirmé les grandes tendances de la Draft, avec plusieurs franchises qui ont opéré des trades pour remonter ou descendre dans l’ordre de sélection, notamment les New York Knicks qui ont préféré se délester de leurs picks en échange de joueurs confirmés, dans une logique de win-now assumée.

L’analyse globale du premier tour fait ressortir plusieurs tendances fortes. D’abord, la domination des ailiers polyvalents dans le top de la Draft : Dybantsa, Peterson, Boozer, Wilson sont tous des profils capables de jouer plusieurs postes, de défendre sur plusieurs rotations, et de contribuer en attaque de multiples façons. C’est le template du joueur NBA moderne, et cette Draft en est une illustration parfaite. Ensuite, la confirmation que les franchises en reconstruction ont su résister à la tentation de trader leurs picks, préférant bâtir sur le long terme avec des prospects de qualité. Enfin, la profondeur du premier tour est réelle : au-delà du top 5, plusieurs joueurs ont le potentiel pour devenir des titulaires solides, voire des all-stars dans les prochaines années.
Quels sont les principaux enseignements de la NBA Draft 2026 ?
La NBA Draft 2026 livre plusieurs enseignements majeurs qui dépassent les simples résultats de la soirée et dessinent les contours de la ligue pour les prochaines années. Premier enseignement : Nike conserve son leadership dans les premières sélections. Avec Dybantsa en numéro un, la marque de Beaverton confirme sa capacité à identifier et sécuriser les meilleurs prospects avant même qu’ils ne démarrent leur carrière universitaire. Le deal signé en 2024, avant que Dybantsa ne joue un seul match à BYU, est un exemple parfait de la stratégie Nike : verrouiller les talents en amont, avant que la concurrence ne puisse réagir. Jordan Brand et adidas ont répondu respectivement avec Boozer et Peterson, deux joueurs qui ont également un plafond de star, mais Nike a réussi le coup le plus symbolique en obtenant le numéro un absolu.

Deuxième enseignement : adidas revient dans le jeu avec force. Après des années de relatif effacement dans la course aux rookies stars, la marque aux trois bandes a sécurisé Peterson avec l’un des contrats les plus généreux de l’histoire des recrues NBA. C’est un signal fort envoyé à l’industrie : adidas est de retour dans la course, elle a de l’argent à investir et la volonté de construire autour des prochaines stars de la ligue. Le fait que Peterson soit resté loyal à la marque depuis ses 16 ans est également un argument marketing puissant, celui d’une relation authentique qui précède la gloire.

Troisième enseignement : les projets de reconstruction avancent. Washington avec Dybantsa, Utah avec Peterson et Bailey, Memphis avec Boozer : trois franchises qui ont accumulé de la défaite pendant plusieurs saisons pour se retrouver dans cette position privilégiée voient enfin leur patience récompensée. La ligue devrait progressivement rééquilibrer ses forces dans les deux à trois prochaines années. Quatrième enseignement : le modèle NIL a complètement transformé l’écosystème de la Draft. Tous les joueurs du top 3 avaient déjà des deals sneakers significatifs avant même de jouer un match en NBA. Dybantsa, Peterson, Boozer : trois jeunes hommes qui arrivent en professionnels déjà construits commercialement, avec une base de fans, une présence sur les réseaux sociaux et des partenariats actifs. L’époque où un rookie découvrait son deal sneakers le soir de la Draft est révolue. Cinquième enseignement : la profondeur de cette Draft au-delà du top 5 est une vraie surprise positive. Plusieurs joueurs sélectionnés entre les picks 8 et 20 ont un profil suffisamment solide pour devenir des contributeurs importants, ce qui augure bien pour la santé globale du vivier de jeunes talents.

Sixième enseignement : le poids des sneakers dans la narrative de la Draft ne cesse de grandir. En 2026, les trois premières sélections ont toutes une histoire sneakers qui précède leur carrière NBA, et les marques ont orchestré leurs communications avec une précision de calendrier impressionnante. Nike qui lâche un spot publicitaire dans la minute suivant l’annonce de Dybantsa au pick 1, adidas qui officialise le contrat Peterson dans les heures qui suivent la sélection, Jordan Brand qui avait déjà lancé le Jordan Triangle avec Boozer quelques semaines avant la Draft : tout cela témoigne d’une industrie qui a parfaitement intégré la Draft comme moment de communication privilégié, presque autant que la soirée de finale NBA. Pour les fans de sneakers et de basket, la Draft est désormais une double soirée de révélations : qui va où, et qui porte quoi.
Est-ce que la NBA Draft 2026 est une bonne cuvée ?

La question mérite d’être posée sérieusement, sans se laisser emporter par l’euphorie du soir de Draft. Les belles soirées de Brooklyn ont leur façon de faire paraître chaque classe comme la meilleure de la décennie, et l’histoire a souvent démenti ces enthousiasmes prématurés. Cela dit, les arguments en faveur d’une grande cuvée 2026 sont solides. Le top 3 présente une densité rare : Dybantsa, Peterson et Boozer sont trois joueurs avec un plafond all-star crédible, des profils complémentaires et des fondamentaux techniques qui rassurent les observateurs les plus exigeants. Il est rare d’avoir trois prospects avec un tel niveau de certitude relative dans les trois premières positions. La comparaison avec les grandes drafts récentes est instructive. La Draft 2023, réputée pour la qualité de Victor Wembanyama seul au sommet, a ensuite déçu par la faiblesse de ses suivants immédiats. La Draft 2024 a produit plusieurs joueurs solides mais aucun prospect transcendant en dehors de quelques profils spécifiques. La Draft 2025, avec Flagg et Harper, a été validée par une première saison prometteuse des deux joueurs. La Draft 2026 se situe dans cette lignée positive, avec peut-être un avantage : la profondeur du premier tour semble plus réelle que dans les éditions précédentes.
Les réserves existent néanmoins. Peterson a connu des pépins physiques lors de sa saison à Kansas, et la résistance du corps sera un paramètre important de son développement. Dybantsa évolue dans un contexte Washington qui n’est pas le plus favorable à l’épanouissement immédiat d’un jeune talent, et l’histoire des numéros un drafts dans des franchises en reconstruction est parsemée de destins contrariés. Boozer devra s’adapter au niveau physique de la NBA, où les intérieurs sont plus athlétiques et plus mobiles qu’en NCAA. Au final, la Draft 2026 a toutes les chances d’être une très bonne cuvée, potentiellement une excellente, à condition que les trois têtes d’affiche confirment leur plafond et évitent les blessures dans les premières années. C’est un verdict qu’il faudra rendre dans quatre ou cinq ans, quand les chiffres de leurs premières saisons NBA diront ce que les projections ne peuvent qu’espérer.
Ce qui distingue cette Draft d’une simple bonne cuvée est peut-être la diversité des profils proposés. Dybantsa est un scorer créateur avec une dimension défensive réelle. Peterson est un shooter athlétique capable de prendre les matchs à son compte. Boozer est un intérieur technique avec des qualités de passeur inhabituelles à son poste. Trois profils distincts, trois manières d’impacter le jeu différentes, trois franchises qui n’avaient pas besoin du même type de joueur et ont obtenu exactement ce qu’elles cherchaient. C’est cette adéquation entre le talent disponible et les besoins des équipes qui donne à cette Draft une saveur particulière, un sentiment que les choses se sont alignées correctement pour tout le monde, ce qui est rare dans un exercice aussi aléatoire que la loterie NBA.
L’historique des NBA Draft
La NBA Draft telle qu’on la connaît aujourd’hui est le produit d’une longue évolution qui remonte aux premières années de la ligue, dans les années 1940 et 1950. À l’époque, les franchises utilisaient un système de sélection territoriale qui permettait à chaque équipe de choisir en priorité les joueurs issus de son marché géographique. Un système qui favorisait les grandes villes et créait des déséquilibres flagrants entre les franchises. La modernisation progressive du format a abouti à la création d’un système plus équitable, fondé sur l’ordre inverse des performances de la saison précédente : les meilleures chances pour les moins bonnes équipes, l’idée étant de rééquilibrer la compétition sur le long terme. Le principe de la loterie pour les premières sélections a été introduit en 1985, après le scandale du « frozen envelope » qui avait entaché la Draft 1985 et permis aux New York Knicks d’obtenir Patrick Ewing en numéro un dans des circonstances pour le moins suspectes selon la légende urbaine de la ligue.

Le format à deux tours a longtemps été la norme. Jusqu’aux années 1980, la Draft comptait parfois jusqu’à dix rounds ou plus, avec des sélections qui concernaient des joueurs sans aucune chance réaliste d’atteindre la ligue. La rationalisation progressive a réduit le format à deux tours, soit soixante picks, qui est le format actuel depuis plusieurs décennies. La durée de l’éligibilité a également évolué. Pendant longtemps, les lycéens pouvaient entrer directement dans la Draft, ce qui a produit certains des plus grands joueurs de l’histoire : Kevin Garnett, Kobe Bryant, LeBron James sont tous passés directement du lycée à la NBA. La règle du « one and done », introduite en 2005, a obligé les joueurs américains à passer au moins une année en université avant de se déclarer éligibles, ce qui a profondément transformé l’écosystème du college basketball et modifié la nature même de la Draft. Des discussions récurrentes autour d’un assouplissement de cette règle n’ont jamais abouti à un changement officiel, et le modèle NIL a entre-temps modifié la donne en permettant aux joueurs de monétiser leur image avant de passer professionnels. Les années 1990 et 2000 ont vu l’internationalisation progressive de la Draft, avec l’arrivée massive de joueurs européens et sud-américains qui ont transformé la composition des rosters NBA. Dirk Nowitzki, drafté en 1998, a été un précurseur, suivi par Pau Gasol, Tony Parker, Manu Ginobili et une longue liste de joueurs qui ont prouvé que le talent mondial avait sa place dans la meilleure ligue du monde. Aujourd’hui, les joueurs internationaux représentent une part significative de chaque Draft, et des prospects venus d’Australie, de France, du Canada ou de Serbie concourent sur un pied d’égalité avec les meilleurs talents universitaires américains.

La Draft est aussi devenue un événement médiatique et culturel à part entière. Ce qui était à l’origine une réunion de travail entre franchises et agents s’est transformé en spectacle télévisé suivi par des millions de personnes, avec ses costumes commentés, ses larmes de joie ou de soulagement, ses trades de dernière minute qui redistribuent les cartes et créent des instants de pure dramaturgie sportive. ESPN et ABC diffusent l’événement devant un public de plus en plus large, et les réseaux sociaux ont ajouté une couche d’instantanéité et de réaction collective qui amplifie chaque annonce. Les sneakers ont pris une place croissante dans la narration de la Draft au fil des années. Ce que les joueurs portent aux pieds le soir de la sélection est analysé, commenté, décrypté par des millions de fans de basket et de sneakers. Chaque paire est une déclaration, chaque coloris une intention. Les marques ont compris cet enjeu et orchestrent désormais leurs communications autour de la Draft comme autour d’un grand événement marketing, avec des spots publicitaires prêts à dégainer dans les secondes qui suivent l’annonce du pick.
Quelle est la meilleure NBA Draft de l’histoire ?
La question de la meilleure Draft de l’histoire est l’une des plus débattues dans la culture basket, avec des arguments solides pour plusieurs éditions qui ont chacune marqué la ligue de manière profonde et durable. La Draft 1984 est souvent citée en premier. Elle a produit Michael Jordan (pick 3, derrière Hakeem Olajuwon au 1 et Sam Bowie au 2, dans l’une des erreurs de casting les plus célèbres de l’histoire), Charles Barkley, John Stockton et Kevin Willis dans le seul premier tour. Quatre joueurs Hall of Fame dans un seul premier tour, c’est une concentration de talent qui n’a jamais été égalée sur le plan qualitatif absolu. Jordan seul suffirait à placer cette Draft au sommet de n’importe quel classement, mais le fait que Barkley et Stockton aient également atteint le sommet de la ligue pendant plus d’une décennie chacun en fait une classe exceptionnelle dans toute sa profondeur.

La Draft 1996 est son concurrent le plus sérieux. Kobe Bryant, Allen Iverson, Steve Nash, Ray Allen, Peja Stojakovic, Jermaine O’Neal : une liste de joueurs qui ont tous laissé une empreinte profonde sur la ligue, à des postes et avec des styles différents. Iverson numéro un, Kobe drafté en 13e position par Charlotte avant d’être tradé aux Lakers : cette Draft a produit certains des joueurs les plus influents des années 2000, autant sur le terrain que dans la culture sneakers et la culture populaire au sens large. Le fait que Kobe soit une telle figure culturelle décennies après sa Draft, et que ses chaussures soient encore les paires les plus portées par les rookies lors des nuits de Draft en 2026, dit tout de l’impact de cette classe sur l’histoire de la ligue.

La Draft 2003 est celle de « The LeBron Class », et elle mérite sa réputation. LeBron James, Dwyane Wade, Carmelo Anthony, Chris Bosh : quatre joueurs qui ont tous gagné un titre NBA, tous été sélectionnés All-Star de nombreuses fois, tous construit une carrière de franchise player. LeBron en numéro un est sans doute le pick le plus évident de l’histoire, tant son talent était visible depuis ses années de lycée à Akron, Ohio. Cette Draft a redessiné la ligue pour vingt ans, créant les rivalités et les dynasties qui ont structuré le basketball des années 2010. D’autres Drafts méritent d’être mentionnées dans ce débat. La Draft 2014 a produit Joel Embiid, Nikola Jokic (drafté en 41e position dans l’un des coups de la décennie), Andrew Wiggins et Jabari Parker dans un premier tour qui a fourni plusieurs joueurs de premier plan. La Draft 1992 est celle de Shaquille O’Neal et Alonzo Mourning. La Draft 2009 a donné Blake Griffin, James Harden et Stephen Curry en quelques picks, avec des carrières qui ont toutes contribué à modeler la ligue dans les années qui ont suivi. Si l’on devait trancher, la Draft 1984 et la Draft 2003 se disputent le titre de meilleure de l’histoire, avec un avantage subjectif à la 2003 pour la profondeur et la durabilité des carrières produites. Mais la 1984 conserve l’argument ultime : elle a donné naissance au meilleur joueur de l’histoire de la ligue, ce qui est, à lui seul, un argument qui résiste à tous les classements. La Draft 2026, quant à elle, a le temps de construire son propre palmarès. Les trois premières sélections portent un niveau de talent réel, et l’histoire de la ligue s’écrit avec le temps, pas le soir même de la sélection. Rendez-vous dans dix ans pour savoir si Dybantsa, Peterson et Boozer ont tenu leurs promesses et si la classe 2026 mérite une place dans ce panthéon des grandes cuvées NBA.

Disponible en France
Publication
- Publié le : 24/06/2026 à 13:33
- Mis à jour le : 24/06/2026 à 13:34