C’est LA question que tout basketteur s’est posée un jour, du débutant qui s’apprête à fouler son premier parquet au vétéran des playgrounds qui a usé des dizaines de paires : comment choisir une chaussure de basket ? La question n’a jamais été aussi complexe qu’aujourd’hui, et pour une bonne raison : l’offre n’a jamais été aussi vaste. Entre les dizaines de signature shoes des stars NBA, les modèles de team accessibles, les gammes outdoor qui se multiplient, les paires à 90 euros et celles à 200, les tiges basses, mid et montantes, les mousses aux noms compliqués et les plaques en tout genre, il y a de quoi se perdre. Et pourtant, le choix de ta chaussure de basket est probablement la décision d’équipement la plus importante de ta vie de joueur : c’est elle qui encaisse tes appuis, protège tes articulations, conditionne tes sensations et t’accompagne des heures durant, semaine après semaine. Alors comment s’y retrouver ?
Spoiler : pas en te demandant à quel poste tu joues, on va t’expliquer pourquoi. La bonne méthode consiste à partir de toi, ton pied, ton gabarit, ton style de jeu et ton historique physique. On t’a préparé le guide complet pour choisir une chaussure de basket vraiment adaptée à ton profil, et on termine en t’expliquant pourquoi cet exercice mérite toute ton attention.
Le choix d’une chaussure de basket par poste est de moins en moins pertinent
Pendant des décennies, le conseil d’achat en matière de chaussure de basket tenait en une grille de lecture simple, transmise de génération en génération de vendeurs et de coachs : dis-moi à quel poste tu joues, je te dirai quelle paire acheter. Aux meneurs et aux arrières, les chaussures basses et légères, taillées pour la vitesse et les changements de direction. Aux ailiers, les tiges mid polyvalentes, le compromis universel. Aux intérieurs, les grosses montantes maximalistes, lourdes, sur-amorties, verrouillant la cheville comme une chape de béton pour encaisser les batailles sous le cercle. Cette classification avait sa logique à l’époque où les postes définissaient réellement des rôles étanches : le meneur montait la balle, le pivot ne quittait pas la raquette, et chacun avait des besoins physiques bien distincts.

Le problème, c’est que ce basketball-là n’existe plus. La révolution tactique des quinze dernières années a fait voler en éclats les frontières entre les postes, et le jeu moderne est devenu, comme disent les Américains, positionless, sans poste. Regarde les parquets NBA d’aujourd’hui : des intérieurs de 2 mètres 11 qui dirigent le jeu et distribuent des passes de meneur, des pivots qui dégainent à trois points en sortie d’écran, des arrières de 100 kilos qui postent dans la raquette, des ailiers qui défendent sur les cinq postes dans le même match. Victor Wembanyama shoote de 9 mètres et contre-attaque balle en main, Nikola Jokic est le meilleur passeur de sa franchise depuis le poste de pivot, et les meneurs modernes prennent des rebonds en pagaille. Les exigences physiques ne se répartissent plus par poste : tout le monde court, tout le monde change de direction, tout le monde shoote, tout le monde défend en mouvement.

Il suffit d’ailleurs d’observer comment les marques structurent aujourd’hui leurs catalogues pour mesurer le changement. Chez Nike comme chez adidas, PUMA, Under Armour ou les marques challengers, les gammes se définissent désormais par des philosophies de jeu : les lignes rapides et minimalistes pour les profils explosifs, les lignes équilibrées pour les polyvalents, les lignes protectrices pour ceux qui privilégient l’amorti, et même des gammes dédiées à la surface de jeu avec l’essor des chaussures outdoor. Le vocabulaire marketing lui-même a changé, on ne parle plus de guards et de big men mais de vitesse, de contrôle, de protection et de polyvalence. Les fiches produits décrivent des sensations et des usages, plus des positions sur le terrain.

Cette révolution du jeu a une conséquence directe sur les chaussures. Les marques elles-mêmes ont abandonné la segmentation par poste : plus aucune gamme moderne n’est commercialisée comme une chaussure de pivot ou une chaussure de meneur. Les modèles actuels sont conçus autour de profils de jeu et de sensations : des paires rapides et proches du sol pour les joueurs explosifs, des paires équilibrées et polyvalentes, des paires maximalistes en amorti pour les gros gabarits et les joueurs à la recherche de protection. Et l’observation des parquets professionnels achève de démontrer l’obsolescence de l’ancien modèle : la chaussure la plus portée de la NBA ces dernières saisons est une tige basse héritée d’un arrière, adoptée aussi bien par des meneurs de poche que par des intérieurs de 110 kilos. Des pivots jouent en chaussures basses ultra-légères, des petits meneurs choisissent des paires réputées d’intérieurs pour leur amorti, et personne n’y trouve rien à redire, parce que chacun a compris que le bon critère n’est pas le poste inscrit sur la feuille de match.

Faut-il pour autant jeter toute la sagesse ancienne ? Pas complètement. L’ancienne grille par poste reposait sur des intuitions qui restent valables, mais qu’il faut reformuler : ce n’était pas le poste qui comptait, c’était ce qu’il impliquait en moyenne en termes de gabarit et de style de jeu. Un pivot old school avait besoin d’amorti parce qu’il était lourd, pas parce qu’il était pivot. Un meneur avait besoin de légèreté parce qu’il était vif, pas parce qu’il était meneur. Le basketball moderne a simplement dissocié ces caractéristiques des postes : il existe aujourd’hui des meneurs lourds et des pivots véloces. La bonne question n’est donc plus, à quel poste je joue, mais, qui suis-je comme joueur : quel est mon gabarit, quel est mon style, quel est mon passif physique. C’est exactement ce qu’on va détailler maintenant.
Comment faut-il choisir une chaussure de basket adaptée à son profil ?
Choisir une chaussure de basket adaptée à son profil, c’est croiser quatre dimensions : ta morphologie, ton gabarit, ton style de jeu et ton historique physique. Aucune ne suffit à elle seule, et c’est leur combinaison qui dessine le portrait-robot de ta paire idéale. Passons-les en revue une par une.
Prendre en compte sa morphologie pour choisir sa chaussure de basket
Tout commence par ton pied, et c’est le critère le plus négligé alors qu’il devrait être le premier. Deux joueurs au gabarit et au style identiques peuvent avoir besoin de paires radicalement différentes simplement parce que leurs pieds ne se ressemblent pas. Premier paramètre : la largeur. Les pieds larges sont le cauchemar des silhouettes modernes, souvent effilées, et un avant-pied comprimé, c’est la garantie d’ampoules, d’ongles noirs et de douleurs qui gâchent les sessions. Si tu as le pied large, oriente-toi vers les modèles réputés généreux en volume, n’hésite pas à prendre une demi-pointure au-dessus, et fuis les paires au chaussant étroit quels que soient leurs autres mérites. À l’inverse, un pied fin flottera dans une chaussure volumineuse, et un pied qui bouge dans sa chaussure, c’est de la perte d’énergie à chaque appui et un risque accru de torsion.

Deuxième paramètre : la voûte plantaire. Pied plat, voûte normale ou voûte creuse, chaque configuration répartit différemment les pressions et réagit différemment aux semelles. Les pieds plats ont tendance à s’affaisser vers l’intérieur, la fameuse pronation, et apprécient les paires offrant un bon soutien de voûte et une base stable, tandis que les voûtes creuses, plus rigides, absorbent moins naturellement les chocs et réclament un amorti généreux. Si tu ne connais pas ton type de pied, un test simple consiste à observer l’empreinte laissée par ton pied mouillé sur une surface sèche : empreinte complète, pied plat, empreinte réduite à une bande fine sur le bord externe, voûte creuse. Pour les cas marqués, un passage chez un podologue du sport vaut tous les guides d’achat du monde, on y reviendra. Sache enfin que tes deux pieds ne sont probablement pas identiques, l’asymétrie étant la norme plutôt que l’exception, avec parfois une demi-pointure d’écart entre les deux. La règle est simple : c’est ton pied le plus grand qui décide de la pointure, et c’est sur lui que tous les essayages doivent se concentrer.

Troisième paramètre : la pointure elle-même, et la manière de la vérifier. La règle d’or est de garder environ la largeur d’un pouce entre ton orteil le plus long et le bout de la chaussure, ni plus, ni moins. Essaie toujours tes chaussures en fin de journée, quand le pied est légèrement dilaté comme il le sera en plein match, avec les chaussettes de sport que tu utilises réellement pour jouer. Et n’achète jamais une pointure en te disant que la paire va se faire : les matières modernes s’assouplissent un peu, mais une chaussure de basket trop petite le jour de l’essayage le restera. Dernier détail morphologique souvent oublié, le cou-de-pied : si le tien est haut, certaines paires au chaussant plat te comprimeront le dessus du pied au laçage, un inconfort qui ne se révèle parfois qu’après une heure de jeu. D’où l’intérêt, chaque fois que c’est possible, d’essayer en conditions réelles, quelques appuis et flexions en magasin en disent plus qu’une fiche technique.
Prendre en compte son poids et sa taille pour le choix de sa chaussure de basket
Deuxième dimension, ton gabarit, et c’est probablement le critère le plus déterminant pour deux composants clés de ta chaussure de basket : l’amorti et la stabilité. La physique est têtue : à chaque saut, tes articulations encaissent plusieurs fois ton poids de corps, et plus tu es lourd, plus les forces en jeu sont considérables. Un joueur de 60 kilos et un joueur de 100 kilos ne vivent tout simplement pas dans le même monde mécanique, et leurs chaussures doivent en tenir compte.

Pour les gabarits légers, disons en dessous de 70 kilos, les mousses les plus souples et les amortis les plus moelleux ne sont pas forcément des cadeaux : un amorti conçu pour absorber les impacts d’un athlète de 100 kilos ne se comprimera presque pas sous un poids plume, qui aura l’impression de jouer sur une planche, et paiera en plus le surpoids de matière embarquée. Les joueurs légers ont tout intérêt à privilégier des paires basses en poids, réactives, proches du sol, dont l’amorti plus ferme leur restituera de l’énergie au lieu de l’engloutir. Ils profitent au passage du meilleur des sensations : le court feel, cette connexion directe avec le parquet que recherchent les joueurs d’appuis.

Pour les gabarits lourds, au-dessus de 90 kilos, la logique s’inverse complètement. L’amorti devient un équipement de protection à part entière : chaque réception de rebond, chaque contre-attaque, chaque appui violent envoie dans les chevilles, les genoux et le dos des forces que seules des semelles généreuses peuvent atténuer. Les mousses premium à fort pouvoir d’absorption, les unités d’air volumineuses et les constructions maximalistes prennent ici tout leur sens. Mais l’amorti ne fait pas tout : le poids exige aussi de la stabilité. Un châssis large, une base d’appui généreuse, une bonne rigidité torsionnelle, cette résistance de la chaussure à la torsion entre l’avant et l’arrière du pied, et un contrefort de talon solide sont indispensables pour empêcher le pied de déborder de la semelle dans les appuis latéraux appuyés. Une chaussure trop étroite ou trop molle sous un gros gabarit, c’est une cheville en danger à chaque changement de direction.

La taille joue également son rôle, au-delà du poids qu’elle implique généralement. Les grands gabarits ont un centre de gravité plus haut, ce qui accentue les contraintes de stabilité, et des leviers plus longs, ce qui amplifie les forces sur les chevilles lors des réceptions déséquilibrées. Les joueurs de grande taille ont donc doublement intérêt à soigner le maintien et la stabilité de leur chaussure de basket, indépendamment même de leur style de jeu. Entre les deux extrêmes, les gabarits intermédiaires ont la chance de pouvoir presque tout porter, et peuvent laisser les autres critères, style de jeu et historique physique en tête, trancher pour eux.
Prendre en compte son style de jeu
Troisième dimension, et la plus intéressante à analyser : ton style de jeu réel. Pas le poste sur la feuille, pas le joueur NBA auquel tu rêves de ressembler, mais ce que tu fais concrètement sur un terrain. L’exercice demande un peu d’honnêteté, et il change tout.

Si tu es un joueur dynamique et explosif, un profil d’attaquant vif qui vit de changements de direction, de premiers pas tranchants, de crossovers et de contre-attaques, tes priorités sont claires : la traction d’abord, car toute ton énergie passe par l’accroche de tes semelles, une adhérence défaillante ruinant chaque démarrage et chaque stop and go. Le maintien ensuite, ce que les testeurs appellent le containment : ta chaussure doit contenir ton pied au-dessus de la semelle dans les appuis latéraux violents, sans quoi tu déborderas littéralement de ta base à chaque crossover appuyé. La réactivité enfin : une conduite proche du sol, un amorti dynamique qui restitue l’énergie, éventuellement une plaque de propulsion pour le pop au démarrage. C’est le cahier des charges type des paires de guards modernes, légères, basses et nerveuses, qui sacrifient un peu de moelleux au profit de la vitesse.

Si tu es au contraire un joueur posé, au jeu plus lent et placé, un profil de shooteur spot-up, de joueur de passes ou de poste bas qui privilégie la lecture du jeu aux accélérations, tes priorités se déplacent. Le confort devient roi : tu passes de longues minutes sur le terrain sans les pics d’intensité du joueur explosif, et une paire confortable, bien amortie, au chaussant accueillant, préservera tes jambes et ton plaisir sur la durée. La stabilité en position d’appui compte davantage que la vivacité en mouvement, notamment pour les joueurs qui aiment le jeu au poste, dos au panier, où les appuis sont puissants mais moins soudains. Et le surpoids de quelques dizaines de grammes d’une paire bien construite ne te pénalisera pas comme il pénaliserait un joueur de vitesse.

Un dernier paramètre complète l’analyse du style de jeu : ta surface de pratique. Le joueur de salle et le joueur de playground n’ont pas les mêmes besoins, le bitume dévorant les semelles tendres conçues pour le parquet et imposant des impacts plus durs aux articulations. Si l’essentiel de ton jeu se passe en extérieur, oriente-toi vers les gammes spécifiquement outdoor, aux caoutchoucs renforcés et aux amortis protégés de l’abrasion, un segment en plein boom. Si tu alternes entre salle et extérieur, les paires polyvalentes validées sur les deux surfaces existent et t’éviteront de doubler l’investissement. Et si tu joues exclusivement en salle, profites-en, tout le catalogue s’offre à toi, y compris les semelles les plus tendres et les plus accrocheuses du marché. Entre ces deux archétypes, chacun se situe quelque part sur un spectre, et quelques questions aident à se positionner. Combien de fois par match attaques-tu le cercle en dribble ? Ton jeu repose-t-il sur ta première accélération ou sur ton placement ? Défends-tu haut sur le porteur ou plutôt en couverture ? Sautes-tu beaucoup, pour les rebonds, les contres, les finitions ? Plus tes réponses penchent vers l’explosivité, plus tu dois privilégier traction, maintien et réactivité, quitte à sacrifier du moelleux. Plus elles penchent vers le jeu placé, plus le confort et l’amorti méritent de monter dans ta hiérarchie. Et n’oublie pas d’intégrer ta fréquence de jeu : le joueur qui enchaîne cinq sessions par semaine a besoin d’une paire capable d’encaisser ce volume, là où le pratiquant occasionnel peut se permettre plus de compromis.

Prendre en compte son historique de blessures et ses articulations fragiles
Quatrième dimension, la plus sérieuse de toutes : ton passif physique. C’est le critère qui doit pouvoir opposer son veto à tous les autres, car aucune sensation de jeu ne vaut une blessure. Si tu as des antécédents ou des fragilités identifiées, ta chaussure de basket devient un équipement de protection avant d’être un équipement de performance, et certains choix s’imposent.

Commençons par le grand classique du basketteur : la cheville. Si tu es sujet aux entorses, plusieurs idées reçues méritent d’être dépoussiérées. La première, c’est que la tige montante protégerait à elle seule des entorses : la recherche moderne est beaucoup plus nuancée, et le consensus actuel veut que la hauteur de tige joue un rôle bien moins déterminant que la stabilité globale de la chaussure, la largeur de sa base, la qualité de son verrouillage du talon et son containment. Une tige basse stable et bien construite protège mieux qu’une montante instable, et les joueurs professionnels aux chevilles fragiles évoluent d’ailleurs souvent en paires basses complétées par des chevillères adaptées, une solution bien plus efficace mécaniquement. Cela dit, si le maintien haut te rassure psychologiquement, ce confort mental a sa valeur, et les tiges mid offrent un bon compromis. Dans tous les cas, privilégie les paires réputées pour leur stabilité latérale, avec des débords de semelle prononcés, et n’oublie pas que la meilleure protection de la cheville reste le renforcement musculaire et proprioceptif, aucun équipement ne remplaçant des chevilles solides.

Les genoux ensuite, l’autre articulation martyre du basketteur, entre tendinites rotuliennes, le fameux jumper’s knee, et usures diverses. Ici, l’amorti devient ton meilleur allié : des semelles généreuses en absorption réduisent les pics d’impact transmis à chaque réception de saut, et les joueurs aux genoux sensibles ont tout intérêt à privilégier les mousses les plus protectrices du marché, quitte à sacrifier un peu de dynamisme. La régularité de l’amorti compte aussi : une paire usée dont les mousses sont tassées ne protège plus rien, et les joueurs fragiles du genou doivent renouveler leurs chaussures plus souvent que les autres, avant que l’amorti ne rende l’âme. Même logique pour les douleurs de dos, les impacts remontant toute la chaîne : amorti généreux, transition douce du talon vers l’avant-pied, et éventuellement des semelles intérieures de qualité en complément.

Le pied lui-même n’est pas épargné, entre fasciites plantaires, périostites et douleurs d’appui. Pour ces profils, le soutien de voûte est déterminant, et c’est ici que la semelle orthopédique entre en scène : si tu portes des orthèses plantaires prescrites par un podologue, vérifie impérativement que la chaussure envisagée accepte une semelle rapportée, certaines semelles d’origine étant collées ou les volumes intérieurs trop justes. De manière générale, si ton historique comporte des blessures récurrentes, des douleurs chroniques ou des fragilités articulaires diagnostiquées, le meilleur conseil de cet article tient en une phrase : consulte un podologue du sport ou un médecin du sport avant d’investir. Une analyse de ta foulée et de tes appuis, quelques conseils personnalisés et éventuellement des orthèses adaptées transformeront n’importe quelle bonne chaussure en la bonne chaussure pour toi, ce qu’aucun guide générique ne pourra jamais garantir. Et en cas de reprise après blessure, réintroduis progressivement l’intensité, avec une paire neuve dont l’amorti est à son maximum : ton corps te dira merci.
Pourquoi il est primordial de savoir choisir la bonne chaussure de basket ?
Terminons par la question qui donne son sens à tout ce qui précède : pourquoi accorder autant d’importance à ce choix ? Après tout, ce n’est qu’une paire de chaussures. Sauf que non, justement, et trois raisons majeures font du choix de ta chaussure de basket une décision à prendre au sérieux.

La première raison, la plus importante, c’est la prévention des blessures. Le basketball est l’un des sports les plus exigeants qui soient pour le bas du corps : des dizaines de sauts par match, des réceptions à répétition, des changements de direction violents, des accélérations et des freinages incessants, des contacts, le tout sur des surfaces dures. Les études sur la traumatologie du basket sont sans appel, les entorses de cheville et les pathologies du genou dominent très largement les statistiques de blessures, à tous les niveaux de pratique. Or ta chaussure est littéralement l’interface entre ton corps et le sol : c’est elle qui absorbe une partie des impacts, elle qui stabilise tes appuis, elle qui accroche le parquet quand tu freines. Une paire inadaptée, trop étroite, trop instable, à l’amorti mort ou à la traction défaillante, augmente mécaniquement les risques à chaque action. Personne ne peut promettre qu’une bonne chaussure t’évitera toute blessure, le basket restera le basket, mais une mauvaise chaussure, elle, peut clairement en provoquer. Vu le coût d’une entorse sérieuse, des semaines d’arrêt, des séances de kiné, parfois des séquelles durables, l’investissement dans une paire adaptée est l’assurance la moins chère du marché.

La deuxième raison, c’est la performance, tout simplement. Le basketball se joue avec les pieds bien plus qu’on ne le croit : chaque démarrage, chaque changement de direction, chaque saut, chaque déplacement défensif transite par tes appuis. Une chaussure adaptée à ton profil te fait objectivement mieux jouer : une traction irréprochable te donne la confiance de couper fort, un maintien sans faille te permet d’attaquer les intervalles sans arrière-pensée, un amorti calibré pour ton poids garde tes jambes fraîches dans le quatrième quart-temps. À l’inverse, tout basketteur a connu l’expérience d’une paire inadaptée, les glissades qui font hésiter sur chaque appui, les pieds en feu à la mi-temps, la cheville qui déborde sur un crossover, et sait à quel point elle plombe un match. La différence entre une bonne et une mauvaise chaussure ne se mesure pas seulement en confort, elle se mesure en points, en ballons gagnés et en minutes de fraîcheur.

La troisième raison est économique, et on la sous-estime toujours. Une chaussure de basket bien choisie est un investissement rentabilisé : elle dure, elle remplit son rôle jusqu’au bout, et elle ne finit pas au placard après trois sessions. Une paire mal choisie, c’est le scénario inverse, l’achat coup de tête sur un coloris ou sur le nom d’une star, l’inconfort découvert à la deuxième sortie, et la paire qui prend la poussière pendant qu’on rachète autre chose. À 100 ou 150 euros la paire, l’erreur coûte cher, et elle est presque toujours évitable : la plupart des mauvais achats viennent de critères de choix inversés, le look d’abord, le joueur qui la porte ensuite, et le profil personnel jamais. Que les choses soient claires, le plaisir esthétique fait partie du basket, et personne ne te reprochera de vouloir une paire qui claque, mais le design doit départager deux paires adaptées à ton profil, pas remplacer l’analyse. Quant à la signature shoe de ton joueur préféré, garde en tête qu’elle a été conçue autour de son profil à lui, son gabarit, son style, ses appuis, qui n’ont probablement rien à voir avec les tiens. Elle peut te convenir, bien sûr, mais parce qu’elle correspond à ton profil, pas parce qu’elle porte son nom. Savoir choisir sa chaussure, c’est d’ailleurs aussi savoir quand la remplacer, un aspect du sujet trop souvent ignoré. Une chaussure de basket ne meurt pas le jour où elle se troue : bien avant, ses mousses se tassent et perdent leur pouvoir d’absorption, sa traction s’émousse, son maintien se relâche. Pour un joueur régulier, à raison de deux ou trois sessions par semaine, une paire donne généralement le meilleur d’elle-même pendant une saison, moins en usage outdoor intensif. Continuer à jouer dans une paire à l’amorti mort, c’est perdre progressivement toutes les protections pour lesquelles tu l’avais choisie, et les signaux ne trompent pas, douleurs inhabituelles aux genoux ou aux tibias après les sessions, glissades qui se multiplient, talon qui flotte. Écoute-les.

Bonne nouvelle au passage sur le plan budgétaire : bien choisir ne veut plus dire payer cher. Le marché actuel regorge de paires excellentes entre 80 et 110 euros, des modèles de team aux premières signatures accessibles, et le prix d’une chaussure de basket reflète davantage son positionnement marketing que sa qualité intrinsèque. Une paire à 100 euros parfaitement adaptée à ton profil te servira toujours mieux qu’une paire à 200 euros choisie pour son prestige. Ajoutons une dernière dimension, plus immatérielle mais bien réelle : le plaisir. Le basket est un jeu, on y vient pour s’amuser, se dépasser, partager, et rien ne sabote le plaisir comme un équipement qui trahit. Une chaussure de basket dans laquelle tu te sens bien, stable, protégé et rapide, c’est la liberté de ne plus penser à tes pieds et de te consacrer entièrement au jeu. C’est peut-être ça, au fond, la définition de la bonne paire : celle qu’on oublie complètement une fois le match lancé.

Résumons la méthode en quelques lignes pour la route. Oublie le réflexe du poste, le basket moderne l’a rendu obsolète, et pars de ton profil réel : ta morphologie de pied d’abord, largeur, voûte, pointure vérifiée en fin de journée avec tes chaussettes de jeu, ton gabarit ensuite, l’amorti et la stabilité se calibrant sur ton poids et ta taille, ton style de jeu réel, explosif ou posé, avec les priorités qui en découlent, et ton historique physique enfin, qui a droit de veto sur tout le reste et justifie au besoin un détour par un professionnel de santé. Croise ces quatre dimensions, dresse ta hiérarchie de critères, traction, maintien, amorti, confort, stabilité, poids, et alors seulement, pars à la chasse parmi les modèles qui cochent tes cases, en essayant chaque fois que possible. La paire parfaite n’existe pas dans l’absolu, mais ta paire parfaite existe quelque part dans les rayons, et tu as désormais toutes les clés pour la trouver. Bon shopping, et surtout, bon basket !
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Publication
- Publié le : 22/07/2026 à 13:04
- Mis à jour le : 10/07/2026 à 17:30