Chaussures de basket

Marie-Eve Paget : son parcours, le basket féminin, Peak… et le 3×3 !

Publié le 12/02/2021 Mis à jour le 13/02/2021

Marie-Eve Paget nous a offert le plaisir de discuter avec elle de nombreux sujets : son parcours, le basket féminin, Peak, et l'Équipe de France de 3x3 !

 

Salut Marie-Eve, un grand merci pour ta présence. Avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques phrases pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore ?

Marie-Eve : Je m’appelle Marie-Eve, j’ai 26 ans, je suis joueuse de basket professionnelle 5×5 à Basket Landes, à Mont-de-Marsan dans le sud ouest. Je suis également joueuse pour l’équipe de France de 3×3, je joue au poste de meneuse de jeu.

marie eve paget peak basketpack

basketpack : Tu as débuté ta carrière professionnelle à Challes-les-Eaux, puis tu passes par Nice et Angers, avant de rejoindre Charleville-Mézières et désormais Basket Landes ou tu as du temps de jeu en Euroleague. C’est une belle progression en terme de niveau de jeu :  est-ce que tu as beaucoup ressenti ces changements de niveau à  chaque étape, et comment tu t’adaptes à ces derniers ?

Marie-Eve : En fait, tout ça est allé crescendo, quand je suis sortie de Challes-les-Eaux j’étais encore en statut jeune, en centre de formation mais j’ai eu la chance de m’entraîner avec le groupe pro. Ensuite, à Nice, j’ai intégré l’équipe professionnelle, j’ai fait 2 ans de Ligue 2 avec une montée qui n’aura pas été productive car on a fait l’ascenseur direct ! A Angers, j’ai connu la coupe d’Europe, puis à Charleville, j’ai connu l’EuroCup et la “grosse coupe d’Europe” : l’Euroleague. Enfin, depuis que je suis arrivée ici à Basket Landes, ce qui a changé c’est plus mon statut et mon rôle dans l’équipe : je joue beaucoup plus, et on est une équipe ambitieuse, qui vise le haut de tableau. La progression s’est faite crescendo au fil des années, ce qui m’a laissé le temps de m’adapter progressivement à tous les niveaux et de progresser.

basketpack : Tu as la particularité d’être très présente dans le monde du basket 3×3, où tu es désormais une habituée de l’Équipe de France, avec laquelle tu commences à avoir un joli palmarès. Comment ça se passe pour une athlète professionnelle au niveau de ton club ? Est-ce facile pour toi de te libérer pour jouer les compétitions internationales de 3×3 par exemple ?

Marie-Eve : En fait, c’est écrit dans nos contrats que nous devons être libérée pour l’Équipe de France, étant donné que c’est une convocation nationale, ça ne peut pas être refusé. De plus, le 3×3 est passé discipline olympique depuis 2017, avec le règlement FIBA, donc je pense que la fédération veut vraiment avoir des résultats et préparer ses Jeux Olympiques en 2024. Donc c’est dans l’intérêt de tous je pense. C’est sur que ça peut créer des tensions car parfois les compétitions se chevauchent; on reste payée pour jouer en 5×5, le 3×3 est une autre discipline. Le 3×3 est plus impactant et représente un peu plus de risque. On peut penser que le club n’y gagne pas grand chose, à part un peu de visibilité supplémentaire. Mais en réalité, le club va bénéficier du fait que les joueuses sont plus épanouies, et vont potentiellement progresser aussi bien techniquement que mentalement. C’est sur que le risque de blessure existe car le 3×3 est une discipline très physique où les contacts sont plus acceptés, mais au global, ce qu’on y gagne vaut largement le coup en l’absence de blessure. Ça reste du basket, ce n’est pas la boucherie, c’est désormais une discipline FIBA structurée, qui doit être facile à regarder et belle, ce doit être un show sans coup, la discipline est vraiment épurée. Le 3×3 m’a permis de progresser sur de nombreux points, donc le club bénéficie à court et moyen terme. Les deux disciplines sont vraiment complémentaires, les points ou tu progresses en 3×3 sont toujours utiles pour la saison de 5×5 qui suit.

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basketpack : On termine les questions sur ta carrière avec une question plus générique. On a commencé à faire une étude sur le basket féminin, on a constaté une augmentation des recherches liées à la Ligue Féminine de Basket. Est-ce que tu as ressenti une évolution de l’engouement depuis que tu es joueuse professionnelle ?

Marie-Eve : Je pense qu’à l’échelle des clubs, le rayonnement n’est plus uniquement local, car désormais tous les matchs sont retransmis sur YouTube et sur la TV. Le premier match en clair a été diffusé (Basket Landes contre Bourges). Quand j’ai commencé ma carrière ce n’était pas le cas, et ça ne fait pas si longtemps. Il y a vraiment des évolutions, mais on peut toujours faire mieux et avoir plus de visibilité ! Mais les évolutions ont donné plus de visibilité au basket féminin, et je pense qu’il est désormais plus connu par des gens qui ne sont pas forcément du milieu. Ça a un impact positif, d’autant que nos Équipes de France ramènent régulièrement des médailles, de plus, avec les JO 2024 la France s’est positionnée sur une politique de sport de manière générale. Je pense que tous ces éléments servent aux clubs de Ligue Féminine, que ce soit pour les partenariats ou la connaissance du grand public. Pas mal de médias mettent le basket féminin en avant. Mais c’est un petit pas, il y a énormément de choses qu’on peut encore faire pour aller plus loin ! Après, j’ai vu pas mal de différences entre les clubs que j’ai connus, par exemple, Charleville-Mézières et Mont-de-Marsan sont des villes de basket, on peut me reconnaître dans la rue, alors qu’à Nice, je pouvais me promener sans que personne ne me reconnaisse !

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basketpack : Vous réalisez une très belle première partie de championnat en Ligue Féminine avec Basket Landes, par contre c’est plus compliqué en EuroLigue : peux-tu nous faire un bilan collectif et individuel à mi-parcours ? Quels sont les objectifs pour la fin de saison ?

Marie-Eve : Au niveau de la Ligue Féminine, on fait une très bonne première partie de saison, avec seulement 2 défaites (contre Bourges et contre Lyon) – de manière générale, on ne sait pas ce qui va se passer avec la pandémie, donc l’objectif est d’être toujours le plus haut possible au classement pour accrocher l’EuroLigue. Ensuite, en EuroLigue c’est plus contrasté, on a fait une très bonne première bulle, mais une deuxième qui a été difficile, avec beaucoup de lourdes défaites… on a perdu notre identité, on a déjoué, une sorte d’engrenage collectif. Mais cette semaine a été importante en termes d’apprentissage, car on est un groupe qui vit bien, cela nous a permis de discuter, partager, et cela nous servira à l’avenir.

D’un point de vue individuel, je suis plutôt satisfaite de ma première partie de saison en championnat, je retrouve un peu de régularité, j’ai augmenté mes pourcentages, j’ai plus de responsabilités et de temps de jeu donc je peux montrer plus de choses. En Euroleague, c’est plus contrasté, j’ai fait une bonne première bulle, mais la seconde a été plus difficile, je suis désormais consciente des étapes qui me restent à franchir pour exister dans ce genre de compétition. Ce sont de bonnes leçons, qui motivent à travailler dur à l’entraînement !

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basketpack : Tu joues dans la même équipe que Céline Dumerc, une légende du basket féminin au poste de meneuse, le même poste que toi sur le terrain – qu’est-ce que ça t’apporte ?

Marie-Eve : Caps’, depuis qu’elle est arrivée à Basket Landes, a été décalée, c’est-à-dire qu’elle joue à l’aile. Mais bien évidemment, l’avoir à mes côtés est une chance, j’apprends beaucoup d’elle. Ce sont des choses spéciales : par exemple, si tu n’es pas bon à 3 points, tu peux travailler pour t’améliorer; mais il y a des choses plus difficiles à acquérir, comme le leadership, la prise de parole… des choses pour lesquelles je partais de loin car quand j’étais petite je ne parlais pas ! Quand je la vois apporter tout ça à l’équipe, ça m’inspire beaucoup, c’est un super apprentissage par l’exemple, je me nourris de tout ça. Parfois on n’est pas d’accord, mais c’est très constructif ! C’est une chance de l’avoir à nos côtés, c’est sa dernière saison…

basketpack : Au niveau de l’Équipe de France 3×3, ton palmarès avec l’Équipe de France commence à être magnifique : 2 médailles de bronze en championnat du monde (2018 et 2019) et deux médailles d’or en championnat d’europe (2018 et 2019), la victoire en World Women’s Series – quelles sont les prochaines échéances et objectifs ?

Marie-Eve : La prochaine échéance est le TQO (Tournoi Qualificatif Olympique) qui aura lieu fin mai en Autriche. Il y a 3 places pour se qualifier pour les JO de Tokyo en juillet, pour 20 équipes ! L’objectif est la qualification pour les JO. Mais il y a pas mal d’autres échéances : la World Women’s Series se présente chaque été, on est championne en titre donc on veut le défendre. Il y a aussi le championnat d’Europe à Paris en 2021 en septembre… Donc ça fait beaucoup d’échéances ! Mais pour l’instant, la priorité est le TQO pour aller aux JO. L’enjeu est fort, il y a de très belles équipes, et c’est difficile de juger le niveau car on a peu de temps pour se préparer avec le contexte, et on n’a pas de recul pour savoir à quel niveau sont les autres équipes. Le 3×3 rime avec adaptation, et c’est encore plus vrai avec la pandémie. En tout cas, on est très attendues, donc ça va être un très gros tournoi.

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basketpack : On passe à la partie équipement. Tu es en contrat avec Peak depuis 2019. Peux-tu nous raconter comment ce partenariat s’est créé à l’époque ?

Marie-Eve : En 2014 j’ai essayé une paire de chaussure Peak, mais à l’époque, je ne m’étais pas assez familiarisé avec la chaussure. Depuis, les chaussures Peak ont beaucoup évolué. C’est la chose principale sur laquelle je me focalise, la chaussure est mon outil de travail principal et c’est très important pour moi, car j’ai des soucis aux chevilles et aux aponévroses. J’ai refait des essais avec Peak en début d’année 2019, et je me suis sentie très bien dans les chaussures que j’ai essayées. Du coup, je suis en contrat avec Peak depuis le début d’année 2019, et ce jusqu’en 2022. A l’origine, c’est mon agent, Sébastien Dekeirel, qui est en contact avec Peak – je ne sais pas exactement comment ça s’est passé – il y a eu une interaction entre mon agent et Peak : j’ai d’abord reçu une première paire de chaussure pour que j’essaie. On a ensuite pu créer le partenariat, par l’intermédiaire de mon agent. Ils m’ont envoyé une paire de la ligne de signature de Tony Parker, avec laquelle j’ai bien accroché : un bon amorti, très confortable, solide… j’ai été convaincue !

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basketpack : Sur quoi porte exactement votre partenariat ? 5×5  et 3×3 ? Quels sont tes engagements vis-à-vis de Peak ? 

Marie-Eve : Je pense que Peak s’est d’abord intéressé à moi par rapport au fait que je suis une joueuse de 3×3, ce qui leur offre de la visibilité sur ce pôle. Mais le partenariat porte aussi bien sur le 5×5 que sur le 3×3. J’ai des primes d’objectifs sur des distinctions individuelles en championnat, et pour le 3×3 ce sont des primes au résultat collectif et individuel. J’ai également une dotation annuelle en septembre avec laquelle je peux commander du matériel, et je peux aussi avoir des chaussures quand j’en ai besoin. De plus, je peux effectuer des commandes sur le site jusqu’à un certain plafond, durant toute la saison. Mon engagement est de porter du Peak en chaussure, et des chaussettes Peak dès que possible, en championnat. En Équipe de France, je ne choisis pas la marque de mes chaussettes car c’est sponsorisé Jordan. Aussi, quand je suis en représentation, j’essaie de porter des vêtements Peak, pour donner un peu plus de visibilité à la marque; je dois également citer au maximum la marque sur les réseaux sociaux. Enfin, je me tiens à disposition pour un ou deux évènements dans l’année si besoin. Ce sont, en gros, mes obligations.

basketpack : D’une manière générale, est-ce que la majorité des joueuses de Ligue Féminine sont sponsorisées ?

Marie-Eve : Alors, il y a quelques mois je vous aurais dit oui. Il y avait beaucoup de contrats Nike, Jordan, adidas ou Peak.Je peux me tromper, mais je crois que certaines marques ont un peu changé leur stratégie marketing. Elles ont un peu changé d’orientation niveau visibilité, en privilégiant moins d’athlètes – certaines athlètes n’ont donc pas vu leur contrat être reconduit. Au niveau de Peak, je ne pense pas avoir observé cette tendance, ils continuent dans la même direction. Certaines filles sont sponsorisées par des boutiques, c’est du cas par cas. Mais tout ça reste à vérifier; ce sont simplement mes impressions ! 

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basketpack : Les relations entre équipementiers et joueuses de Ligue Féminine se font-elles en direct ou il y a des intermédiaires ? 

Marie-Eve : Je pense qu’au début, les approches se font par les agents, car c’est souvent eux qui ont les relations avec les équipementiers. Mais une fois que le contrat est mis en place, en général c’est la joueuse qui traite directement avec l’équipementier.

basketpack : Il y a deux écoles pour choisir une chaussure : toi, quand tu choisis une chaussure, quel est le premier critère de choix ? Esthétique ou performance ? 

Marie-Eve : Je regarde la performance en premier lieu. J’ai des petits pieds, il n’y a pas toujours ma taille ! Parfois, je prends les tailles enfants… je regarde vraiment la performance en premier, car les blessures que je peux avoir sont souvent aux chevilles : il faut que je sois à l’aise, que la chaussure propose un bon maintien et soit vraiment pile poil à ma taille. Mes appuis sont assez forts, je cherche donc toujours à m’orienter vers une chaussure qui tient bien la cheville. Une chaussure trop souple ne me correspondra pas. Ensuite, l’esthétique arrive vraiment en second, si je peux jouer avec une chaussure qui me plait, c’est encore mieux, mais j’ai déjà joué avec une chaussure que je ne trouvais pas du tout belle ! Je trouve que Peak s’est énormément amélioré, autant sur l’esthétique que sur la performance.

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basketpack : Tu joues avec quelle chaussure cette année ?

Marie-Eve : La Lou williams 3 ! Elles sont vraiment super bien. J’ai plusieurs coloris de la Lou Williams. Je joue principalement avec cette chaussure cette année, elle correspond complètement à mes besoins.

basketpack : Combien de paires tu utilises pour une saison complète ? Plusieurs paires en simultané ?

Marie-Eve : Je prends une chaussure et je joue avec jusqu’au bout ! Je n’ai pas plusieurs paires en simultané. J’utilise environ 5 paires sur une saison, mais parfois un peu plus, car avec le 3×3 les chaussures peuvent s’user plus rapidement. Je trouve qu’on peut jouer avec la même chaussure en 3×3 et en 5×5, mais il faut être conscient que la chaussure s’use plus vite en 3×3 car on fait plus de “petits mouvements” avec plus de changements de direction sur des mouvements courts et rapides. La chaussure est plus sollicitée, avec un sol en plus qui est différent.

basketpack : Tradition basketpack, on termine avec 5 questions rapides ou on te demande tes “Top 3” ou tu dois nous répondre sans trop réfléchir 

basketpack : Top 3 des joueuses les plus fortes que tu as affrontées : 

Marie-Eve : Breanna Stewart > Angel McCoughtry > C’est trop difficile ! Je peux rester sur un top 2 ?

basketpack : Top 3 meilleurs moments de ta carrière jusqu’à aujourd’hui = 

Marie-Eve : Les 2 titres de championne d’Europe 3×3 > Ma dernière année à Nice, avec la montée en Ligue Féminine, une année parfaite collectivement et individuellement (Marie-Ève termine MVP du final 4 cette année la)

basketpack : Top 3 des meilleures joueuses actuelles dans le monde : 

Marie-Eve : Breanna Stewart > Diana Taurasi > Sue Bird

basketpack : Top 3 des meilleurs joueurs actuels (monde) : 

Marie-Eve : LeBron James > Milos Teodosic > Luka Doncic  

basketpack : Top 3 des meilleures chaussures avec lesquelles tu as joué ? 

Marie-Eve : TP 2 de Peak > Kobe 6 > Lou Williams 3

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